mardi 13 novembre 2007

Bhutto va-t-elle se faire buter ? (suite)


Coup de théâtre samedi dernier, a une semaine du début de son nouveau mandat, alors qu'il vient d'être réelu et a promis de quitter ses fonctions de chef de l'armée, Pervez Mucharraf décrète l'Etat d'urgence et suspend le conseil constitutionnel: "Il y a trop de terrorisme au Pakistan, si je ne décrète pas l'état d'urgence, c'est le suicide du pays". L'attentat contre Benazir Bhutto et ses partisans a servi d'alibi à Mucharraf pour faire un second coup d'Etat. Des centaines d'opposants ont été arrêtés. Benazir Bhutto a été assignée à résidence plusieurs fois, officiellement pour l'empêcher de s'exposer à un autre attentat kamikaze. Déjà, on parle de reporter d'un an les élections législatives qui doivent se dérouler en janvier.
Autant dire qu'il n'est plus question d'alliance entre Butto et Mucharraf. Selon Bhutto, le chef d'Etat a perdu toute sa crédibilité et elle ne peut pas décemment accepter de devenir sa premier ministre. Elle a donc proposé une alliance à un de ces rivaux au sein de l'opposition, Nawaz Sharif, autre ancien premier ministre, ce qui aurait été impensable encore il y a une semaine, quand Benazir était encore en bonne position pour devenir premier ministre comme le souhaitaient les américains.
Moucharraf n'a pas l'air de vouloir quitter l'uniforme qui lui tient lieu de seconde peau, ni de partager le pouvoir en restaurant la démocratie.
En Palestine, en Irak, en Tchétchénie ou dans le métro de Londres, on commet des crimes au nom de la lutte contre le terrorisme, et ça n'empêche même pas les terroristes de continuer.

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