

La centaine de mal-logés qui campaient depuis un mois rue de la Banque en signe de protestation se sont fait évacuer hier par la police à coup de savate et de matraque.
Christine Boutin, ministre du logement à la fibre soi-disant sociale, ne tolèrera pas que des campements s'installent à Paris.
Sur France Info aujourd'hui, notre compatissante bonne femme s'insurgeait : comment ces gens peuvent vivre sur le trottoir avec leurs enfants, alors qu'ils ont un toit, et que "des tas d'autres personnes" n'ont pas de logement ?
C'est vrai quoi, ces gens qui errent d'hôtel en hôtel et de foyer en foyer ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont, ils vivent dehors dans le froid uniquement pour le trip...
Cette rhétorique est nauséabonde et saugrenue. Mme Boutin n'a certes pas le pouvoir de réquisitionner les 20 000 logements vacants de Paris, mais elle pourrait éviter de fustiger ces femmes, pour la plupart africaines, en situation régulière, et ayant un emploi.
La ministre dit consacrer toute son énergie à résoudre le problème. Il y a un mois, on la voyait plutôt consacrer son énergie à décentraliser son ministère à Lyon, une pure opération de communication inutile et dispendieuse. Elle aurait mieux fait de s'habiller pour l'hiver.
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